« L’amour en voyages » : recueil de nouvelles gratuit

«Voyager sans rencontrer l’autre, ce n’est pas voyager, c’est se déplacer»
(Alexandra David Neel)

Ah, l’amour. Quel plaisir pour un cœur d’artichaut comme moi d’écrire, d’écouter, de danser et de pleurer l’amour.

Chaque voyage recele son lot de rencontres. Sur le quai d’une gare, perdue dans une forêt ou en auberge de jeunesse, j’échange avec plaisir quelques sourires, des heures d’amitié ou des secondes de romance. Parfois, j’offre même mon cœur. Tant pis si sur mon vol retour je m’aperçois qu’il en manque quelques miettes.

Chaque voyageur recèle son lot d’histoires. Et moi, grande curieuse, j’ai demandé à ces voyageurs inconnus de m’offrir la leur. Lire la suite

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Bolivie: fin d’un rêve

Ici et là, il est de ces endroits qui vous emportent loin du temps, qui vous invitent tellement loin de la réalité qu’ils vous attrapent quelques jours supplémentaires pour cause de jour férié oublié.

Après une semaine dans le Parc Sajama (voir l’article pratique sur le parc), nous bouclons nos sacs pour (re)découvrir le reste de la Bolivie.

Il y a cinq ans, mes pieds avaient déjà foulé cette terre qui avait fait fondre mon coeur, tourner ma tête et coupé mon souffle dès les premiers symptômes du mal des montagnes.

Accompagnée de deux amis belges, j’avais goûté à un échantillon de Bolivie. Un échantillon de 10 jours, trop court, trop adictif. Les souvenirs flous, j’avais envie d’y retourner, de me perdre dans les rues chaotiques de La Paz, de revoir les ruines du lac Titicaca, de revivre ce trajet intérminable entre la peur des virages et l’album de Stéphanie de Monaco en mode repeat, aller à Coroico.

Alors, cinq ans après ma première dose bolivienne, c’est le sac sur le dos et l’amour plein le coeur que je repars vers ces souvenirs brumeux. Lire la suite

Sajama, infos pratiques sur le parc aux noms de desserts italiens et mon itinéraire en Bolivie 

Ici et là, il est de ces endroits qui vous attrapent pour vous emporter hors du temps. De ces villages aux murs décrépis et aux toits ondulés où deux nuits se transforment rapidement en une semaine de découvertes. De ces paysages qui, en quelques foulées, vous connectent à cette réalité loin d’internet, de votre douche chaude et de votre lit douillet.

Ici et là, il est de ces endroits qui transforment un tourisme lambda en rêve voyageur. Le temps de s’habituer à la danse du vent sur les tôles alourdies de pierres, et nous voilà déguisés en explorateurs du quotidien, en sédentaires hebdomadaires.

Ici et nulle part ailleurs, il y a Sajama. Ce village aux toits décrépis et aux murs ondulés. Ces paysages qui allongent le séjour et écourtent nos envies de départ (toutes les infos sur le parc en fin d’article).

Sajama, ce parc aux tourbillons de sable qui s’élèvent vers un soleil infiniment brûlant. Ces nuages qui se forment au gré du vent de l’heure de la sieste. Ces champs de lamas que l’on traverse au son d’une photo volée. Ces geysers brumeux aux allures de bals de korrigans. Sajama, cette pause qui nous aura fait reprendre la marche quotidienne au goût de coca. Cet apprentissage du corps au souffle court. Ce dépassement de soi et la découverte de ses propres limites, sans regret, avec fierté, avec son asthme et autres problèmes qui feront de ces lagunes un simple mirage au fond de mes rétines rêveuses, impossible à atteindre. Lire la suite

Concert privé et coucher de soleil: rencontre avec Jona Maidana 

« La musique exprime ce qui ne peut être dit
et sur quoi il est impossible de rester silencieux. »
(Victor Hugo)

Dans mes yeux, le vent de la cordillère, dans mon coeur, ce musicien argentin qui chante pour lui, pour Elles, pour elle, pour ces secondes de bonheur que je lui dérobe en échange d’un sourire silencieux.
Cette après-midi, j’avais envie de prendre l’air, de sortir au soleil, m’asseoir sur un banc et regarder ce chez moi temporaire prendre vie, prendre paresse.  Lire la suite

Hier la Terre a tremblée: 6,9 sur l’échelle de Valparaíso

Le nez endormi par l’automne, les yeux encore inondés par les êtres étranges de la Perotá Chingó, le coeur frétillant d’un chez moi fraternel, je rentre vers ce « chez moi » volontaire, temporaire, porteño.

Après deux jours de retrouvailles, concerts, découvertes et désorientation á Santiago, le calme de Valparaíso m’offre quelques heures de brouhaha partagé.
Aujourd’hui l’atmosphère pèse sur le port. L’air est dense. La lumière dérange la tranquillité agitée.
Hier, alors que je profitais du stress de la capitale, la Terre tremblait sur Valpo.

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Jugement, culpabilité et bûcher festif: aujourd’hui Valparaíso brûle Judas 

Dimanche. Entre siestes, détours et visites des alentours nos pas se dirigent vers le quartier du port.

19h00. Les pavés de la place Echaurren ont fait place aux sourires des enfants. Sur la scène improvisée quelques musiciens chantent l’arc-en-ciel de Valparaíso pendant que deux clowns muets dansent avec les marginaux du Barrio Puerto.

Ligotés à un lampadaire, les oripeaux de Judas attendent leur jugement dernier.

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Apprendre à dire au revoir: lettre à un « chez moi » chilien

« Qu’il est doux, quand le vent caresse
Ton sein mollement agité,
De voir, sous ma main qui la presse,
Ta vague, qui s’enfle et s’abaisse
Comme le sein de la beauté ! »
(« Adieu à la mer », Lamartine)

L’automne vient d’arriver , apportant avec lui ses matins brumeux, ses midis ensoleillés et ses soirées venteuses. Seule, assise face au Pacifique j’essaie, depuis plus de trois jours, de t’écrire. En vain.
L’automne s’installe et moi, je cherche encore et toujours comment t’écrire mon amour. J’écris, je raye, j’arrache, chiffonne et recommence. Je crie ma page blanche, je pleurs mon silence. Comment moi, amoureuse de l’amour,  la voyageuse qui, en 2017, envoie encore des cartes postales, suis incapable de t’écrire cette lettre ?

Trois jours d’automnes passés entre rage et désespoir. Trois jours à ruminer un texte qui refuse de voir le jour. trois jours à sentir couler en moi ces mots d’amour invisibles.

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