Bolivie: fin d’un rêve

Ici et là, il est de ces endroits qui vous emportent loin du temps, qui vous invitent tellement loin de la réalité qu’ils vous attrapent quelques jours supplémentaires pour cause de jour férié oublié.

Après une semaine dans le Parc Sajama (voir l’article pratique sur le parc), nous bouclons nos sacs pour (re)découvrir le reste de la Bolivie.

Il y a cinq ans, mes pieds avaient déjà foulé cette terre qui avait fait fondre mon coeur, tourner ma tête et coupé mon souffle dès les premiers symptômes du mal des montagnes.

Accompagnée de deux amis belges, j’avais goûté à un échantillon de Bolivie. Un échantillon de 10 jours, trop court, trop adictif. Les souvenirs flous, j’avais envie d’y retourner, de me perdre dans les rues chaotiques de La Paz, de revoir les ruines du lac Titicaca, de revivre ce trajet intérminable entre la peur des virages et l’album de Stéphanie de Monaco en mode repeat, aller à Coroico.

Alors, cinq ans après ma première dose bolivienne, c’est le sac sur le dos et l’amour plein le coeur que je repars vers ces souvenirs brumeux. Lire la suite

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Sajama, infos pratiques sur le parc aux noms de desserts italiens et mon itinéraire en Bolivie 

Ici et là, il est de ces endroits qui vous attrapent pour vous emporter hors du temps. De ces villages aux murs décrépis et aux toits ondulés où deux nuits se transforment rapidement en une semaine de découvertes. De ces paysages qui, en quelques foulées, vous connectent à cette réalité loin d’internet, de votre douche chaude et de votre lit douillet.

Ici et là, il est de ces endroits qui transforment un tourisme lambda en rêve voyageur. Le temps de s’habituer à la danse du vent sur les tôles alourdies de pierres, et nous voilà déguisés en explorateurs du quotidien, en sédentaires hebdomadaires.

Ici et nulle part ailleurs, il y a Sajama. Ce village aux toits décrépis et aux murs ondulés. Ces paysages qui allongent le séjour et écourtent nos envies de départ (toutes les infos sur le parc en fin d’article).

Sajama, ce parc aux tourbillons de sable qui s’élèvent vers un soleil infiniment brûlant. Ces nuages qui se forment au gré du vent de l’heure de la sieste. Ces champs de lamas que l’on traverse au son d’une photo volée. Ces geysers brumeux aux allures de bals de korrigans. Sajama, cette pause qui nous aura fait reprendre la marche quotidienne au goût de coca. Cet apprentissage du corps au souffle court. Ce dépassement de soi et la découverte de ses propres limites, sans regret, avec fierté, avec son asthme et autres problèmes qui feront de ces lagunes un simple mirage au fond de mes rétines rêveuses, impossible à atteindre. Lire la suite

Hier la Terre a tremblée: 6,9 sur l’échelle de Valparaíso

Le nez endormi par l’automne, les yeux encore inondés par les êtres étranges de la Perotá Chingó, le coeur frétillant d’un chez moi fraternel, je rentre vers ce « chez moi » volontaire, temporaire, porteño.

Après deux jours de retrouvailles, concerts, découvertes et désorientation á Santiago, le calme de Valparaíso m’offre quelques heures de brouhaha partagé.
Aujourd’hui l’atmosphère pèse sur le port. L’air est dense. La lumière dérange la tranquillité agitée.
Hier, alors que je profitais du stress de la capitale, la Terre tremblait sur Valpo.

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Jugement, culpabilité et bûcher festif: aujourd’hui Valparaíso brûle Judas 

Dimanche. Entre siestes, détours et visites des alentours nos pas se dirigent vers le quartier du port.

19h00. Les pavés de la place Echaurren ont fait place aux sourires des enfants. Sur la scène improvisée quelques musiciens chantent l’arc-en-ciel de Valparaíso pendant que deux clowns muets dansent avec les marginaux du Barrio Puerto.

Ligotés à un lampadaire, les oripeaux de Judas attendent leur jugement dernier.

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Amours de voyage, amours d’une vie

 » L’amour est un voyage aux diverses destinations,
celles du rêve et des illusions confondues. »

(Jo Coeijmans)

Sur le quai de la gare, les gens s’entrechoquent, les sacs se bousculent, l’odeur du pop corn chatouille mes narines et mon coeur, lui, dessine un dernier sourire sur mon visage immobile.

Son bus part. Un dernier au revoir et je cours me réfugier sous la pluie nocturne. Mes larmes se noient dans le Pacifique. Les êtres étranges de la Perotá Chingó se noient dans mes oreilles.

Ce soir il est parti.
Ce soir je suis restée.
Comble de l’ironie pour une voyageuse, n’est-ce pas?! Lire la suite

Cole Cole: plage vierge et randonnée au sud du monde

« Gardez l’esprit ouvert et imprégnez-vous de vos expériences. Et si ça fait mal, ça en vaut sans doute la peine. »
(réplique du film « La Plage »)

Il y a quelques mois, allongée entre mon sac à dos et une carte du monde je m’offrais 119 minutes de voyage visuel en découvrant « La plage« .
Tu sais, ce film que que tu as certainement vu au cinéma il y a plus de 15 ans?! Ce bout de paradis avec une version ado de Leonardo DiCaprio?! Ce condensé de sable fin qui aura fait rêver plus d’un baroudeur (et rempli les poches de centaines d’agences de tourisme)?! Oui, voilà, le film de Danny Boyle!

Du rêve, de l’aventure et une bonne dose de réflexion sur les conséquences du tourisme de masse plus tard, je laissais mon imagination s’envoler vers les plages vierges du monde entier. Au même moment, mes doigts se baladaient sur Google Image et mes yeux se remplissaient de désespoir en comprenant que « La plage » était en fait un film d’anticipation…
En une photo, ma folle envie d’exploration du paradis s’es rapidement enfouie dans ma grotte des projets utopistes, des rêves inaccessibles. Tant pis, ça sera pour une prochaine vie…
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Virgencita de la Candelaria: entre religion, capitalisme et chinoiseries 

«Imagine there’s no countries
It isn’t hard to do
Nothing to kill or die for
And no religion, too
Imagine all the people
Living life in peace»

(J. Lennon) 

« C. , prépare tes affaires, on bouge dès que j’arrive. »

A peine le temps de raccrocher que me voilà arrivée à Carelmapu, petit village côtier où la terre est verte, l’Océan bleu, la marée rouge.

A peine descendue du bus, l’ambiance de fête envahie mes pupilles dilatées. Lors de mon dernier passage à Carelmapu, les trois rues du village n’étaient remplies que de maisons aux tuiles bancales, d’ados à vélos, d’odeurs iodées. Aujourd’hui, les quatre rues du village s’emplissent de curieux, de dévots, d’odeurs de barbecue. Lire la suite