Comment le volontourisme m’a convaincu de ne pas sauver le monde !

« Sauver le monde », voilà ce que mon cœur répondait en silence lorsqu’on me demandait ce que je voudrais faire quand je serai grande.

Sauver le monde pour le sauver de lui-même, pour enrayer la faim, la soif, la haine et la stupidité. Sauver le monde pour instaurer l’équité, le respect, l’éducation et la paix. Sauver le monde pour vivre mieux, pour avoir bonne conscience, pour me sentir utile.

« Sauver le monde », un programme un tant soit peu ambitieux mais plutôt banal pour une ado française.

Avant de sauver le monde, j’ai eu envie de le connaître. Alors, à 15 ans j’ai pris mon envol, direction le Costa Rica. En un an j’ai respiré les Caraïbes, côtoyé la misère, vu passer des gamines de 12 ans enceintes du deuxième, vécu avec le racisme et les machettes une fois le soleil couché, découvert les villages bananiers et dansé à côté d’un poignardé, écouté le harcèlement de rue et je me suis perdue face à cet homme squelettique qui enfonçait une bouteille d’alcool à 90° dans son gosier malmené.
De cette année passée de l’autre côté de l’Océan, je suis revenue droguée aux voyages et l’âme plus révolutionnaire que jamais.
Installée confortablement sous le soleil cévenole, je n’avais plus de doute : ce que nous montre le 13h de TF1 n’a de vrai que ce petit papi qui collectionne les girouettes en forme de vaches. Car NON, tous les jeunes ne sont pas des délinquants, tous les étrangers ne sont pas des voleurs et tout le monde ne nous veut pas du mal ! Lire la suite

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Décider de ne pas aller au Machu Picchu: un choix responsable 

Comme un rêve oublié au réveil d’une sieste printanière, mes yeux s’embrument de larmes en découvrant les rues de Cusco. 

Alors que je me dirige vers mon hostel, je ne sais plus où donner de la tête et des sourires: les balcons, les murs incas, les Églises… Tout me paraît beau, attrayant, envoûtant. Ni l’hostel au proprio alcoolique et violent, ni les toilettes suffisemment sales pour me donner envie de commencer des cours de gymnastique histoire de faire pipi sans tomber malade, ni les dealers de « pasta base » (sorte de crack version « bon de marché »), les odeurs d’excréments (humains?  Canins?) ne feront disparaître les étoiles qui illuminent mes sourires: je suis à Cusco! Sans vraiment le savoir j’attendais cette rencontre urbaine.  Lire la suite

Avorter en Amérique Latine : 3 voyageuses témoignent

Une capote qui craque, un mauvais calcul de dates ou un coup d’un soir avec l’alcool en guise de réflexion, un viol, un inceste, une erreur, un coup de malchance … toutes les femmes qui sont tombées enceinte sans le vouloir ont leur raison, leur excuse.

En couple, en relation libre, célibataire, trop jeune, trop vieille ou tout simplement parce qu’elle n’en avait pas envie, pas maintenant, pas avec lui, pas comme ça … en France, en Belgique et ailleurs en Europe, en Amérique du Nord, en Océanie et ailleurs dans le monde, une femme qui tombe enceinte sans le vouloir peut prendre la pilule du lendemain, parfois.

Dans nos pays de « gringos », une femme a souvent la possibilité de disposer de son corps comme elle le souhaite, décider du lieu, du moment, de la personne avec qui elle souhaite fonder une famille ou simplement partager quelques cellules pour donner la vie.

Comme je vous l’expliquais dans mon guide pratique sur l’avortement en Amérique Latine, ce n’est pas le cas partout, loin de là. Sur ce continent que je foule au rythme de mes pieds et que j’aime à la vitesse de mes rencontres, une femme ne peut disposer de son corps comme elle l’entend. Si dans certains pays l’avortement est autorisé avec plus ou moins de contraintes, dans d’autres, même une fausse couche peut être la porte d’entrée d’une prison, la porte de sortie d’une vie libre.

Trois voyageuses ont accepté de témoigner. Afin de préserver leur anonymat, les prénoms ont été modifié.
Si toi aussi tu as avorté en Amérique Latine et que tu souhaites partager ton expérience, tu peux m’envoyer un e-mail anonyme à voyagesduneplume@gmail.com

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Marcher en voyage lorsque l’on souffre d’une malformation physique 

Voyager, réaliser ses rêves, sourire aux paysages inconnus et se perdre dans des conversations éternellement éphémères.

Voyager et se sentir pousser des ailes vers une liberté rêvée, aimée, vécue.

Voyager et voir son monde s’écrouler lorsque pour marcher sur un glacier, découvrir les fourmis de l’Amazonie ou grimper au sommet d’un volcan, un guide est obligatoire.

Pour beaucoup de voyageurs un guide est plutôt une bonne nouvelle, pour d’autres une dépense superflue ou encore une entrave à la liberté de se perdre et de prendre des risques inutiles.

Pour moi, un guide c’est un regard extérieur sur un complexe dont je parle peu… Lire la suite

Voyager sans argent : leurre ou véritable source de liberté ?

«Le voyageur est celui qui se donne le temps de la rencontre et de l’échange.»
(Frédéric Lecloux)

 

C’est bien connu, pour voyager il faut soit du temps, soit de l’argent. Ou les deux, mais là nous entrons dans une dimension à laquelle je n’ai jamais songé.

Du temps j’en ai eu dès la naissance, comme tout le monde. Voyageuse depuis mes premiers mois, et curieuse dans les gènes, j’ai décidé de le consacrer à des études qui me feraient voyager et à des voyages qui me permettraient d’apprendre, découvrir, connaître, comprendre.
Mon temps, je le laisse filer lentement, au son des pluies et au rythme d’un pouce levé vers des sourires inconnus.

De l’argent, j’en ai eu, je crois. Des fois. Pas souvent. Lire la suite

Avortement en Amérique Latine: législation par pays

«Actuellement, celles qui se trouvent dans cette situation de détresse [grossesse non désirée], qui s’en préoccupe ? La loi les rejette non seulement dans l’opprobre, la honte et la solitude, mais aussi dans l’anonymat et l’angoisse des poursuites. Contraintes de cacher leur état, trop souvent elles ne trouvent personne pour les écouter, les éclairer et leur apporter un appui et une protection.»
(Simone Veil) 

Mes derniers mois au Chili ont été quelque peu mouvementé niveau sexualité : un amoureux, des capotes qui craquent à tout va, des pilules du lendemain et cette angoisse permanente du « et si je tombais enceinte ?! Moi, celle qui ne veut pas d’enfants, celle qui veut voyager, celle qui veut rejoindre l’Alaska en stop »

Je ne suis pas la seule a avoir sentie cette boule au ventre en attendant de sentir le sang couler. Elle, de passage au Chili en couple depuis plusieurs mois, Elle, expatriée en Argentine… Nos conversations aboutissaient toujours à la même conclusion : « si je tombe enceinte, je file en Uruguay ». L’Uruguay, l’un des seuls pays d’Amérique du Sud à autoriser l’avortement. Mais pourquoi n’avons-nous jamais pensé à la Guyane Française, pourquoi n’avons-nous jamais vraiment réfléchi aux lois de nos pays respectifs ?
Peut-être, parce qu’au fond de nous, nous avions l’intime conviction de nous retrouver face à un mur législatif … Et puis, en quatre années d’expatriation chilienne j’ai entendu les larmes de jeunes filles, de jeunes mères ayant avorté dans un pays où tout type d’IVG était interdite. Jusque là j’avais pu me protéger de mon empathie dévorante. Oui, mon cœur avait pu résister au partage de douleur jusqu’à ce qu’un soir Il rentre à la maison et me dise :

« Tu te souviens d’Elle ? Elle a acheté du misoprostrol sur internet pour avorter. Apparemment l’embryon est mort mais Elle ne l’a pas expulsé. Elle a passé deux mois avec un embryon mort dans son utérus car aucun médecin n’a voulu l’aider par peur d’être accusé d’avortement. »

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Amours de voyage, amours d’une vie

 » L’amour est un voyage aux diverses destinations,
celles du rêve et des illusions confondues. »

(Jo Coeijmans)

Sur le quai de la gare, les gens s’entrechoquent, les sacs se bousculent, l’odeur du pop corn chatouille mes narines et mon coeur, lui, dessine un dernier sourire sur mon visage immobile.

Son bus part. Un dernier au revoir et je cours me réfugier sous la pluie nocturne. Mes larmes se noient dans le Pacifique. Les êtres étranges de la Perotá Chingó se noient dans mes oreilles.

Ce soir il est parti.
Ce soir je suis restée.
Comble de l’ironie pour une voyageuse, n’est-ce pas?! Lire la suite