Décider de ne pas aller au Machu Picchu: un choix responsable 

Comme un rêve oublié au réveil d’une sieste printanière, mes yeux s’embrument de larmes en découvrant les rues de Cuzco. 

Alors que je me dirige vers mon hostel, je ne sais plus où donner de la tête et des sourires: les balcons, les murs incas, les Églises… Tout me paraît beau, attrayant, envoûtant. Ni l’hostel au proprio alcoolique et violent, ni les toilettes qui regorgent de bactéries improbables, ni les dealers de « pasta base » (sorte de crack version « bon de marché »), les odeurs d’excréments (humains?  Canins?) ne feront disparaître les étoiles qui illuminent mes sourires: je suis à Cuzco! Sans vraiment le savoir j’attendais cette rencontre urbaine.  Lire la suite

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Bolivie: fin d’un rêve

Ici et là, il est de ces endroits qui vous emportent loin du temps, qui vous invitent tellement loin de la réalité qu’ils vous attrapent quelques jours supplémentaires pour cause de jour férié oublié.

Après une semaine dans le Parc Sajama (voir l’article pratique sur le parc), nous bouclons nos sacs pour (re)découvrir le reste de la Bolivie.

Il y a cinq ans, mes pieds avaient déjà foulé cette terre qui avait fait fondre mon coeur, tourner ma tête et coupé mon souffle dès les premiers symptômes du mal des montagnes.

Accompagnée de deux amis belges, j’avais goûté à un échantillon de Bolivie. Un échantillon de 10 jours, trop court, trop adictif. Les souvenirs flous, j’avais envie d’y retourner, de me perdre dans les rues chaotiques de La Paz, de revoir les ruines du lac Titicaca, de revivre ce trajet intérminable entre la peur des virages et l’album de Stéphanie de Monaco en mode repeat, aller à Coroico.

Alors, cinq ans après ma première dose bolivienne, c’est le sac sur le dos et l’amour plein le coeur que je repars vers ces souvenirs brumeux. Lire la suite

Avorter en Amérique Latine : 3 voyageuses témoignent

Une capote qui craque, un mauvais calcul de dates ou un coup d’un soir avec l’alcool en guise de réflexion, un viol, un inceste, une erreur, un coup de malchance … toutes les femmes qui sont tombées enceinte sans le vouloir ont leur raison, leur excuse.

En couple, en relation libre, célibataire, trop jeune, trop vieille ou tout simplement parce qu’elle n’en avait pas envie, pas maintenant, pas avec lui, pas comme ça … en France, en Belgique et ailleurs en Europe, en Amérique du Nord, en Océanie et ailleurs dans le monde, une femme qui tombe enceinte sans le vouloir peut prendre la pilule du lendemain, parfois.

Dans nos pays de « gringos », une femme a souvent la possibilité de disposer de son corps comme elle le souhaite, décider du lieu, du moment, de la personne avec qui elle souhaite fonder une famille ou simplement partager quelques cellules pour donner la vie.

Comme je vous l’expliquais dans mon guide pratique sur l’avortement en Amérique Latine, ce n’est pas le cas partout, loin de là. Sur ce continent que je foule au rythme de mes pieds et que j’aime à la vitesse de mes rencontres, une femme ne peut disposer de son corps comme elle l’entend. Si dans certains pays l’avortement est autorisé avec plus ou moins de contraintes, dans d’autres, même une fausse couche peut être la porte d’entrée d’une prison, la porte de sortie d’une vie libre.

Trois voyageuses ont accepté de témoigner. Afin de préserver leur anonymat, les prénoms ont été modifié.
Si toi aussi tu as avorté en Amérique Latine et que tu souhaites partager ton expérience, tu peux m’envoyer un e-mail anonyme à voyagesduneplume@gmail.com

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Sajama, infos pratiques sur le parc aux noms de desserts italiens et mon itinéraire en Bolivie 

Ici et là, il est de ces endroits qui vous attrapent pour vous emporter hors du temps. De ces villages aux murs décrépis et aux toits ondulés où deux nuits se transforment rapidement en une semaine de découvertes. De ces paysages qui, en quelques foulées, vous connectent à cette réalité loin d’internet, de votre douche chaude et de votre lit douillet.

Ici et là, il est de ces endroits qui transforment un tourisme lambda en rêve voyageur. Le temps de s’habituer à la danse du vent sur les tôles alourdies de pierres, et nous voilà déguisés en explorateurs du quotidien, en sédentaires hebdomadaires.

Ici et nulle part ailleurs, il y a Sajama. Ce village aux toits décrépis et aux murs ondulés. Ces paysages qui allongent le séjour et écourtent nos envies de départ (toutes les infos sur le parc en fin d’article).

Sajama, ce parc aux tourbillons de sable qui s’élèvent vers un soleil infiniment brûlant. Ces nuages qui se forment au gré du vent de l’heure de la sieste. Ces champs de lamas que l’on traverse au son d’une photo volée. Ces geysers brumeux aux allures de bals de korrigans. Sajama, cette pause qui nous aura fait reprendre la marche quotidienne au goût de coca. Cet apprentissage du corps au souffle court. Ce dépassement de soi et la découverte de ses propres limites, sans regret, avec fierté, avec son asthme et autres problèmes qui feront de ces lagunes un simple mirage au fond de mes rétines rêveuses, impossible à atteindre. Lire la suite

Marcher en voyage lorsque l’on souffre d’une malformation physique 

Voyager, réaliser ses rêves, sourire aux paysages inconnus et se perdre dans des conversations éternellement éphémères.

Voyager et se sentir pousser des ailes vers une liberté rêvée, aimée, vécue.

Voyager et voir son monde s’écrouler lorsque pour marcher sur un glacier, découvrir les fourmis de l’Amazonie ou grimper au sommet d’un volcan, un guide est obligatoire.

Pour beaucoup de voyageurs un guide est plutôt une bonne nouvelle, pour d’autres une dépense superflue ou encore une entrave à la liberté de se perdre et de prendre des risques inutiles.

Pour moi, un guide c’est un regard extérieur sur un complexe dont je parle peu… Lire la suite

Voyager sans argent : leurre ou véritable source de liberté ?

«Le voyageur est celui qui se donne le temps de la rencontre et de l’échange.»
(Frédéric Lecloux)

 

C’est bien connu, pour voyager il faut soit du temps, soit de l’argent. Ou les deux, mais là nous entrons dans une dimension à laquelle je n’ai jamais songé.

Du temps j’en ai eu dès la naissance, comme tout le monde. Voyageuse depuis mes premiers mois, et curieuse dans les gènes, j’ai décidé de le consacrer à des études qui me feraient voyager et à des voyages qui me permettraient d’apprendre, découvrir, connaître, comprendre.
Mon temps, je le laisse filer lentement, au son des pluies et au rythme d’un pouce levé vers des sourires inconnus.

De l’argent, j’en ai eu, je crois. Des fois. Pas souvent. Lire la suite

Avortement en Amérique Latine: législation par pays

«Actuellement, celles qui se trouvent dans cette situation de détresse [grossesse non désirée], qui s’en préoccupe ? La loi les rejette non seulement dans l’opprobre, la honte et la solitude, mais aussi dans l’anonymat et l’angoisse des poursuites. Contraintes de cacher leur état, trop souvent elles ne trouvent personne pour les écouter, les éclairer et leur apporter un appui et une protection.»
(Simone Veil) 

Mes derniers mois au Chili ont été quelque peu mouvementé niveau sexualité : un amoureux, des capotes qui craquent à tout va, des pilules du lendemain et cette angoisse permanente du « et si je tombais enceinte ?! Moi, celle qui ne veut pas d’enfants, celle qui veut voyager, celle qui veut rejoindre l’Alaska en stop »

Je ne suis pas la seule a avoir sentie cette boule au ventre en attendant de sentir le sang couler. Elle, de passage au Chili en couple depuis plusieurs mois, Elle, expatriée en Argentine… Nos conversations aboutissaient toujours à la même conclusion : « si je tombe enceinte, je file en Uruguay ». L’Uruguay, l’un des seuls pays d’Amérique du Sud à autoriser l’avortement. Mais pourquoi n’avons-nous jamais pensé à la Guyane Française, pourquoi n’avons-nous jamais vraiment réfléchi aux lois de nos pays respectifs ?
Peut-être, parce qu’au fond de nous, nous avions l’intime conviction de nous retrouver face à un mur législatif … Et puis, en quatre années d’expatriation chilienne j’ai entendu les larmes de jeunes filles, de jeunes mères ayant avorté dans un pays où tout type d’IVG était interdite. Jusque là j’avais pu me protéger de mon empathie dévorante. Oui, mon cœur avait pu résister au partage de douleur jusqu’à ce qu’un soir Il rentre à la maison et me dise :

« Tu te souviens d’Elle ? Elle a acheté du misoprostrol sur internet pour avorter. Apparemment l’embryon est mort mais Elle ne l’a pas expulsé. Elle a passé deux mois avec un embryon mort dans son utérus car aucun médecin n’a voulu l’aider par peur d’être accusé d’avortement. »

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