Marcher en voyage lorsque l’on souffre d’une malformation physique 

Voyager, réaliser ses rêves, sourire aux paysages inconnus et se perdre dans des conversations éternellement éphémères.

Voyager et se sentir pousser des ailes vers une liberté rêvée, aimée, vécue.

Voyager et voir son monde s’écrouler lorsque pour marcher sur un glacier, découvrir les fourmis de l’Amazonie ou grimper au sommet d’un volcan, un guide est obligatoire.

Pour beaucoup de voyageurs un guide est plutôt une bonne nouvelle, pour d’autres une dépense superflue ou encore une entrave à la liberté de se perdre et de prendre des risques inutiles.

Pour moi, un guide c’est un regard extérieur sur un complexe dont je parle peu… Lire la suite

Publicités

Voyager sans argent : leurre ou véritable source de liberté ?

«Le voyageur est celui qui se donne le temps de la rencontre et de l’échange.»
(Frédéric Lecloux)

 

C’est bien connu, pour voyager il faut soit du temps, soit de l’argent. Ou les deux, mais là nous entrons dans une dimension à laquelle je n’ai jamais songé.

Du temps j’en ai eu dès la naissance, comme tout le monde. Voyageuse depuis mes premiers mois, et curieuse dans les gènes, j’ai décidé de le consacrer à des études qui me feraient voyager et à des voyages qui me permettraient d’apprendre, découvrir, connaître, comprendre.
Mon temps, je le laisse filer lentement, au son des pluies et au rythme d’un pouce levé vers des sourires inconnus.

De l’argent, j’en ai eu, je crois. Des fois. Pas souvent. Lire la suite

Avortement en Amérique Latine: législation par pays

«Actuellement, celles qui se trouvent dans cette situation de détresse [grossesse non désirée], qui s’en préoccupe ? La loi les rejette non seulement dans l’opprobre, la honte et la solitude, mais aussi dans l’anonymat et l’angoisse des poursuites. Contraintes de cacher leur état, trop souvent elles ne trouvent personne pour les écouter, les éclairer et leur apporter un appui et une protection.»
(Simone Veil) 

Mes derniers mois au Chili ont été quelque peu mouvementé niveau sexualité : un amoureux, des capotes qui craquent à tout va, des pilules du lendemain et cette angoisse permanente du « et si je tombais enceinte ?! Moi, celle qui ne veut pas d’enfants, celle qui veut voyager, celle qui veut rejoindre l’Alaska en stop »

Je ne suis pas la seule a avoir sentie cette boule au ventre en attendant de sentir le sang couler. Elle, de passage au Chili en couple depuis plusieurs mois, Elle, expatriée en Argentine… Nos conversations aboutissaient toujours à la même conclusion : « si je tombe enceinte, je file en Uruguay ». L’Uruguay, l’un des seuls pays d’Amérique du Sud à autoriser l’avortement. Mais pourquoi n’avons-nous jamais pensé à la Guyane Française, pourquoi n’avons-nous jamais vraiment réfléchi aux lois de nos pays respectifs ?
Peut-être, parce qu’au fond de nous, nous avions l’intime conviction de nous retrouver face à un mur législatif … Et puis, en quatre années d’expatriation chilienne j’ai entendu les larmes de jeunes filles, de jeunes mères ayant avorté dans un pays où tout type d’IVG était interdite. Jusque là j’avais pu me protéger de mon empathie dévorante. Oui, mon cœur avait pu résister au partage de douleur jusqu’à ce qu’un soir Il rentre à la maison et me dise :

« Tu te souviens d’Elle ? Elle a acheté du misoprostrol sur internet pour avorter. Apparemment l’embryon est mort mais Elle ne l’a pas expulsé. Elle a passé deux mois avec un embryon mort dans son utérus car aucun médecin n’a voulu l’aider par peur d’être accusé d’avortement. »

Lire la suite

Lettre au lecteur: pourquoi je ne serai jamais une vraie bloggeuse

«Les souvenirs d’un homme constituent sa propre bibliothèque.»
(Aldous Huxley)

 

Cher lecteur,

Voilà bien longtemps que mes mots n’ont pas partagé quelques instants de vie avec toi et j’en suis navrée. Parfois, il est vrai, je te dépose quelques miettes de rêves sur ma page Facebook mais cela n’est rien en comparaison à un article de blog, un vrai de vrai avec photos, silences, coups de coeur et sourires à offrir. Alors, allongée dans un dortoir bolivien, je profite d’une pluie symphonique pour te demander pardon.

Pardon pour l’abandon… Pardon pour ne pas savoir comment font ces blogueurs professionnels ou amateurs pour trouver le temps de découvrir, se perdre, apprendre, rencontrer et écrire un article par semaine… Pardon pour préférer profiter de chaque seconde de voyage plutôt que de les dépenser assise face à smartphone, mon seul moyen de communication avec toute personne située à plus de deux coudées de moi… Pardon pour ne pas partager avec toi ces mots qui résonnent entre mon coeur et mes doigts fébriles…  Lire la suite

Traverser la Patagonie au rythme de la nature 

«Le voyage est une espèce de porte par où l’on sort de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve.»
(Guy de Maupassant)

 

Route mythique de la Patagonie, la Carretera Austral se glisse entre les fjords patagons et les Andes pour faire rêver le voyageur de Puerto Montt jusqu’au sud du Chili.

Pour parcourir cette route qui oscille entre terre et mer, goudron et gravillons, mieux vaut charger son sac à dos de patience, sourires et fruits secs pour les petits creux.

Si les unités de mesure restent les même ici et là, le temps, quant à lui,  prend d’autres teintes, s’allonge et divague au gré des aventures. Touriste ou voyageur, chacun aura sa propre expérience patagone du temps car ici 400km peuvent se transformer en 6 heures de bus et 200km en 8 heures de stop. Qu’importe!, tous les Patagons vous le diront: celui qui vient en Patagonie à toute allure, perd son temps car ici, c’est la nature qui rythme les moteurs et sublime les rencontres. Lire la suite

Concert privé et coucher de soleil: rencontre avec Jona Maidana 

« La musique exprime ce qui ne peut être dit
et sur quoi il est impossible de rester silencieux. »
(Victor Hugo)

Dans mes yeux, le vent de la cordillère, dans mon coeur, ce musicien argentin qui chante pour lui, pour Elles, pour elle, pour ces secondes de bonheur que je lui dérobe en échange d’un sourire silencieux.
Cette après-midi, j’avais envie de prendre l’air, de sortir au soleil, m’asseoir sur un banc et regarder ce chez moi temporaire prendre vie, prendre paresse.  Lire la suite

Hier la Terre a tremblée: 6,9 sur l’échelle de Valparaíso

Le nez endormi par l’automne, les yeux encore inondés par les êtres étranges de la Perotá Chingó, le coeur frétillant d’un chez moi fraternel, je rentre vers ce « chez moi » volontaire, temporaire, porteño.

Après deux jours de retrouvailles, concerts, découvertes et désorientation á Santiago, le calme de Valparaíso m’offre quelques heures de brouhaha partagé.
Aujourd’hui l’atmosphère pèse sur le port. L’air est dense. La lumière dérange la tranquillité agitée.
Hier, alors que je profitais du stress de la capitale, la Terre tremblait sur Valpo.

Lire la suite