Jour 2 d’un voyage vers l’inconnu

Jour 2 d’un voyage vers l’inconnu,
Canal latéral à la Garonne

Entre tes silences et nos absences partagées, j’ai transformé mon écran bleuté en refuge téléphonique. Entre le fromage et le dessert, dans l’obscurité de nos échanges muets et dans ton manque de communication, j’ai trouvé sur internet ce que je n’avais plus la force de chercher en toi.

J’ai scrollé des inconnus.
J’ai rêvé des vies des autres.
J’ai lu des messages.
J’ai répondu à certains.

D’une notification à une autre, des liens se sont tissés, des amitiés virtuelles se sont créées. Les mots écrits du matin au soir ont fait place aux messages vocaux. Les voix de ces inconnus d’ailleurs sont venues remplir mon confinement esseulé.

Avant de partir, je Lui ai envoyé un message. Je Lui ai proposé de transformer nos envies de rencontres en réalité embrassée. En moins d’une minute, il m’a dit oui. Deux heures après, il avait son billet.

Bien entendu, j’ai eu du mal à le croire.

Il a traversé la moitié de la France pour me rencontrer, moi.


Comment un inconnu pourrait avoir envie de traverser la moitié de la France juste pour me voir ? Comment un homme dont je ne connais que la voix pourrait avoir envie de venir faire du vélo avec moi ? Comment quelqu’un pourrait avoir envie de me rencontrer, moi ? Et puis, pourquoi ?

Pourtant, il a eu envie. Sans que je sache vraiment pourquoi, il l’a fait. Il a traversé la moitié de la France pour me rencontrer, moi, la néo-cycliste en sueur, la voix de l’autre côté du téléphone, la voyageuse improvisée et la rêveuse au cœur d’artichaut. Dans quelques heures, je vais le voir. Enfin.
Je vais mettre un sourire sur sa voix, des yeux sur son humour noir et un baiser sur sa joue. Et malgré tout, la seule personne à qui je pense, c’est toi.

Lui, il l’a fait.
Toi, tu n’as eu de cesse de vivre derrière des barrières que tu construis, jour après jour, rêve après rêve.

Quand je t’ai proposé de venir, de me rejoindre pour un week-end, de partir à l’aventure ou au moins de manger ailleurs que chez ta mère, tu n’avais jamais le temps. Ni l’argent. Même si je pense, qu’au fond, la seule chose qui te manquait, c’était l’envie.

Août 2021 : Toulouse → Bruxelles à vélo et en solo. Lors de ce voyage à vélo et en solo, j’ai écrit des lettres d’amour et de désamour. Réelles ou fictives, elles racontent ce voyage sous le prisme de l’amour, des rencontres, des doutes et de la séparation. Toutes les lettres sont à retrouver ici ou sur Instagram.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *