Jour 3 d’un voyage solo à deux

Jour 3 d’un voyage solo à deux,
Saint-Brice

Il m’a appelé pour me dire qu’il s’était trompé de gare. J’ai souri en pensant qu’il ne viendrait pas. Après tout, ça serait logique. Pourquoi un inconnu viendrait à ma rencontre, là, au beau milieu de nulle part, entre un vélo et des vignes ?

À chaque coup de pédale, je me créais un nouveau film. Est-ce qu’il était venu avec des idées derrière la tête ? Est-ce que je l’avais invité avec des idées derrière la tête ? Et s’il pédalait trop vite ? Et s’il détestait l’imprévu ? Et si c’était juste un gros con ?

Peut-être avais-je peur qu’il me plaise.
Peur qu’il ne me plaise pas.

Quand je suis arrivée sur le lieu de rendez-vous, je ne savais ni quoi dire, ni quoi faire.
J’ai dit un truc qui se voulait drôle. Je crois.
J’ai posé mon vélo entre nous et je me suis assise. Mes yeux fuyaient son regard que je ne connaissais pas encore.

Là, au cœur d’un village girondin, je n’arrivais pas à fixer mon regard sur cet homme qui avait parcouru des centaines de kilomètres juste pour me voir. Et pédaler.
Peut-être avais-je peur qu’il me plaise.
Peur qu’il ne me plaise pas.

Là, à l’ombre des arbres, je n’arrivais pas à réaliser qu’il était là. Tout près de moi. D’ailleurs je ne me souviens même plus de la dernière fois que je me suis retrouvée en tête à tête avec une personne susceptible de me plaire.

Là, sur la pelouse de ce bourg sans nom, je crois que je n’avais qu’une envie : lever les yeux et voir que celui qui m’avait rejoint n’était personne d’autre que toi.

Août 2021 : Toulouse → Bruxelles à vélo et en solo. Lors de ce voyage à vélo et en solo, j’ai écrit des lettres d’amour et de désamour. Réelles ou fictives, elles racontent ce voyage sous le prisme de l’amour, des rencontres, des doutes et de la séparation. Toutes les lettres sont à retrouver ici ou sur Instagram.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *