Auto-stop : témoignage et conseils pour se lancer seule ou acompagnée

« Plus nous entrons dans l’inconnu, plus il nous semble immense et merveilleux. »
(Charles Lindbergh)

Faire du stop. Pour certains il s’agit d’inconscience comme si tous les psychopathes du monde avaient le permis et une voiture. Pour d’autres, c’est de l’égoïsme, de l’opportunisme ou un je ne sais quel « -isme » négatif qui sous-entend que celui qui voyage le pouce en l’air n’a d’autre ambition dans la vie que celle de profiter de la générosité des automobilistes. Pour Elle, pour Lui, pour moi, c’est un voyage, une façon de vivre, de voir et d’arpenter le monde qui nous entoure.

Aujourd’hui je te propose d’arrêter de regarder le monde avec notre porte-feuille pour l’admirer avec nos rêves. Aujourd’hui j’ai envie de te raconter mon stop, celui d’une curieuse, souvent timide parfois bavarde ; le stop d’une baroudeuse qui voyage pour rencontrer, apprendre l’autre, s’apprendre soi-même. Aujourd’hui j’ai envie de prendre le temps de partager avec toi ces quelques heures de voyages, ici et ailleurs, seule ou accompagnée pour te montrer que le stop n’est ni égoïste ni dangereux.

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Traversée des Amériques en stop : bilan de 2 ans de voyage

“Rien n’est plus propice qu’un voyage pour sonder tous les aspects merveilleux de l’imprévu. »
(Jean-Raymond Boudou)

 

Il y a presque 2 ans je m’envolais vers le Chili, une fois de plus.
Dans l’avion, entre la panique irraisonnée et mes prières insensées à tous les Dieux présents, oubliés et ceux en devenir, je m’imaginais déjà écrire cet article. Deux ans de voyage, deux ans sur les routes des Amériques, du Sud au Nord, de détours en retours, perdue dans les zig-zags de lignes droites interminables.

J’imaginais cet article comme un bilan, rempli de photos plus exotiques les unes que les autres. Je voyais déjà danser des mots voyageurs pour enivrer mes yeux éblouis par tant de souvenirs : une fête nationale au Chili, l’Antarctique que j’imaginais blanche de touristes, Puerto Williams, la ville la plus australe au monde et Ushuaïa qui lui vole pourtant la vedette. Je voyais des lignes aux couleurs des baleines argentines, le désert le plus aride au monde, le goût d’épinards de cantine de ZEP de la feuille de coca, le Machu Picchu, les nuits de camping sauvage sur les routes d’ailleurs. Je voyais l’eau tourner dans tous les sens en Equateur, je voyais les plages paradisiaques du Belize, les taxis bavards de Managua et mon retour sur ces plages costariciennes qui ont injectées mes veines de bougeotte infatigable. Lire la suite

Lettre au lecteur: pourquoi je ne serai jamais une vraie bloggeuse

«Les souvenirs d’un homme constituent sa propre bibliothèque.»
(Aldous Huxley)

 

Cher lecteur,

Voilà bien longtemps que mes mots n’ont pas partagé quelques instants de vie avec toi et j’en suis navrée. Parfois, il est vrai, je te dépose quelques miettes de rêves sur ma page Facebook mais cela n’est rien en comparaison à un article de blog, un vrai de vrai avec photos, silences, coups de coeur et sourires à offrir. Alors, allongée dans un dortoir bolivien, je profite d’une pluie symphonique pour te demander pardon.

Pardon pour l’abandon… Pardon pour ne pas savoir comment font ces blogueurs professionnels ou amateurs pour trouver le temps de découvrir, se perdre, apprendre, rencontrer et écrire un article par semaine… Pardon pour préférer profiter de chaque seconde de voyage plutôt que de les dépenser assise face à smartphone, mon seul moyen de communication avec toute personne située à plus de deux coudées de moi… Pardon pour ne pas partager avec toi ces mots qui résonnent entre mon coeur et mes doigts fébriles…  Lire la suite

Traverser la Patagonie au rythme de la nature 

«Le voyage est une espèce de porte par où l’on sort de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve.»
(Guy de Maupassant)

 

Route mythique de la Patagonie, la Carretera Austral se glisse entre les fjords patagons et les Andes pour faire rêver le voyageur de Puerto Montt jusqu’au sud du Chili.

Pour parcourir cette route qui oscille entre terre et mer, goudron et gravillons, mieux vaut charger son sac à dos de patience, sourires et fruits secs pour les petits creux.

Si les unités de mesure restent les même ici et là, le temps, quant à lui,  prend d’autres teintes, s’allonge et divague au gré des aventures. Touriste ou voyageur, chacun aura sa propre expérience patagone du temps car ici 400km peuvent se transformer en 6 heures de bus et 200km en 8 heures de stop. Qu’importe!, tous les Patagons vous le diront: celui qui vient en Patagonie à toute allure, perd son temps car ici, c’est la nature qui rythme les moteurs et sublime les rencontres. Lire la suite

Concert privé et coucher de soleil: rencontre avec Jona Maidana 

« La musique exprime ce qui ne peut être dit
et sur quoi il est impossible de rester silencieux. »
(Victor Hugo)

Dans mes yeux, le vent de la cordillère, dans mon coeur, ce musicien argentin qui chante pour lui, pour Elles, pour elle, pour ces secondes de bonheur que je lui dérobe en échange d’un sourire silencieux.
Cette après-midi, j’avais envie de prendre l’air, de sortir au soleil, m’asseoir sur un banc et regarder ce chez moi temporaire prendre vie, prendre paresse.  Lire la suite

Hier la Terre a tremblée: 6,9 sur l’échelle de Valparaíso

Le nez endormi par l’automne, les yeux encore inondés par les êtres étranges de la Perotá Chingó, le coeur frétillant d’un chez moi fraternel, je rentre vers ce « chez moi » volontaire, temporaire, porteño.

Après deux jours de retrouvailles, concerts, découvertes et désorientation á Santiago, le calme de Valparaíso m’offre quelques heures de brouhaha partagé.
Aujourd’hui l’atmosphère pèse sur le port. L’air est dense. La lumière dérange la tranquillité agitée.
Hier, alors que je profitais du stress de la capitale, la Terre tremblait sur Valpo.

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Apprendre à dire au revoir: lettre à un « chez moi » chilien

« Qu’il est doux, quand le vent caresse
Ton sein mollement agité,
De voir, sous ma main qui la presse,
Ta vague, qui s’enfle et s’abaisse
Comme le sein de la beauté ! »
(« Adieu à la mer », Lamartine)

L’automne vient d’arriver , apportant avec lui ses matins brumeux, ses midis ensoleillés et ses soirées venteuses. Seule, assise face au Pacifique j’essaie, depuis plus de trois jours, de t’écrire. En vain.
L’automne s’installe et moi, je cherche encore et toujours comment t’écrire mon amour. J’écris, je raye, j’arrache, chiffonne et recommence. Je crie ma page blanche, je pleurs mon silence. Comment moi, amoureuse de l’amour,  la voyageuse qui, en 2017, envoie encore des cartes postales, suis incapable de t’écrire cette lettre ?

Trois jours d’automnes passés entre rage et désespoir. Trois jours à ruminer un texte qui refuse de voir le jour. trois jours à sentir couler en moi ces mots d’amour invisibles.

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