Cole Cole: plage vierge et randonnée au sud du monde

« Gardez l’esprit ouvert et imprégnez-vous de vos expériences. Et si ça fait mal, ça en vaut sans doute la peine. »
(réplique du film « La Plage »)

Il y a quelques mois, allongée entre mon sac à dos et une carte du monde je m’offrais 119 minutes de voyage visuel en découvrant « La plage« .
Tu sais, ce film que que tu as certainement vu au cinéma il y a plus de 15 ans?! Ce bout de paradis avec une version ado de Leonardo DiCaprio?! Ce condensé de sable fin qui aura fait rêver plus d’un baroudeur (et rempli les poches de centaines d’agences de tourisme)?! Oui, voilà, le film de Danny Boyle!

Du rêve, de l’aventure et une bonne dose de réflexion sur les conséquences du tourisme de masse plus tard, je laissais mon imagination s’envoler vers les plages vierges du monde entier. Au même moment, mes doigts se baladaient sur Google Image et mes yeux se remplissaient de désespoir en comprenant que « La plage » était en fait un film d’anticipation…
En une photo, ma folle envie d’exploration du paradis s’es rapidement enfouie dans ma grotte des projets utopistes, des rêves inaccessibles. Tant pis, ça sera pour une prochaine vie…

« C., tu connais Cole Cole? Une plage seulement accessible en bonnes chaussures de rando, après plusieurs heures de marche entre plage et montagne. »
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Peut-être que « la prochaine vie » est arrivée plus tôt que prévu!
Ma mâchoire tombe à la renverse, mon sac à dos se rempli du strict minimum et deux jours plus tard nous voilà le pouce en l’air direction Cucao.

Loin des caméras, d’Hollywood et de la Thaïlande, je nous vois vivre un remake de « La plage »: film réalisé par trois jeunes amis en Patagonie. Sans hallucinations, ni cadavre ni armes à feu, C. Française expatriée sur la route part à la rencontre de nouveaux paysages.
Arrivés en fin de soirée aux portes de la rondo, on plante notre tente entre brume et vagues.
07h30. Le vent secoue mon « chez moi » itinérant. Invitation à la splendeur, il me pousse sur la plage déserte. A droite, des reliefs rosés réveillent un soleil estival. A gauche, un arc-en-ciel habille le Pacifique.
Un avocat et une tomate plus tard, nous voilà en route pour « la plage ».

Navigant dans des draps de brume, nous marchons sourire aux lèvres, guitare à la main, chansons en bouche. Quelques oiseaux jouent avec l’écume silencieuse puis, seul sur l’étendue sableuse, un jeune lion de mer hésite. Partir apeuré? Rester affamé? Face aux vagues la mort le guette du coin de l’œil… Nous, nous passons notre chemin, un pincement au cœur, un espoir dans son futur.

 
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En quelques heures nous arrivons à un premier ruisseau. Pantalon aux genoux, je laisse le froid titiller mes mollets frileux. Rencontre avec une vague,  en pleine traversée, ma taille aussi profitera de se réveil humide. Tant pis, le vent séchera mon seul et unique pantalon … jusqu’au prochain ruisseau que j’aperçois déjà au loin.
Derrière la deuxième plage, plus petite, se cache un village mapuche. Quelques maisons, une église et trois vaches se partagent l’entrée de la montagne. De là commence une côte interminable qui séduira plus d’un buste, qui attirera vers soi plus d’un menton.

Monter, descendre, monter, descendre, glisser. Recommencer.

5 km de boue, brume, vent et paysages étrangement celtiques plus tard, nos pieds frôlent le quartz de Cole Cole.

Ici pas d’eau turquoise, ni de champs de cannabis et encore moins de Leonardo. Le soleil est bel et bien là, caché derrière d’épais nuages rafraîchissants. Le sable fin, quant à lui, est encore en cours d’érosion. Malgré ces quelques différences mon cœur s’emballe: comme Leo je foule une plage de solitude, une musique maritime, un dédale de rochers à explorer. Comme Leo, je suis sur « la plage ».
Au loin, des baleines dansent au fond de l’Océan. A quelques pas, une forêt d’arayanes où nous attend une chouette curieuse. Entre humidité et mousse l’heure est venue d’enflammer quelques bois morts dans le tronc évincé d’un arbre centenaire.

Propriété de la planète administrée par la communauté indigène, Cole Cole fait parti de ces coins de paradis dont ni Starbucks, MacDo ou le Club Med n’ont les clefs.

Demain nous replieront la tente et feront le chemin en sens inverse. A l’est de l’île une autre plage nous attend.
Demain nous iront là où les volcans se réveillent de rose, un à un. Demain nous verront le froid de l’éclipse solaire. Demain, nous irons la où la vie est belle.

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Se rendre à Cole Cole

  • Depuis Castro: prendre un bus jusqu’à Cucao ($3500 AR / $2000 aller) et descendre à Chanquin (fin de la route) puis marcher toujours tout droit jusqu’à Cole Cole
  • Depuis Castro: la légende raconte qu’il existe un bus jusqu’à Huentemo (30 min à pied du village mapuche). Si vous le trouvez, n’hésitez pas à apporter quelques infos en commentaire

Tarifs

  • Sentier du village à Cole Cole: $1000 par personne (tarif unique) à payer une fois au village
  • Camping à Cole Cole: $1000 par personne et par nuit
  • Refuge à Cole Cole: $2000 par personne et par nuit
  • Possibilité de louer un cheval (à négocier au village)
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Une réflexion sur “Cole Cole: plage vierge et randonnée au sud du monde

  1. Cela me rappelle une nuit que nous avions passée sous tente, sur l’une des plages du Abel Tasman National Park… Après plusieurs heures de marche, un vrai bonheur que cette plage solitaire ! Merci pour le partage.

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