#Niunamenos 

Octobre. Mois sombre pour le Chili. Depuis plusieurs jours les faits divers pleuvent sur les gros titres. Un jeune homme cloué par les pieds dans sa voiture … Une Colombienne poignardée sur la place publique, sous le soleil austral … Un ado qui tue à coups de hache sa soeur aînée … 

La liste est longue. Mon envie de m’étaler sur les détails est courte.

Connerie humaine, folie lunaire. Quelques soient les raisons ou les excuses de ces actes, des larmes ont coulé sur le Chili.

Octobre. Mois sombre pour l’Argentine. Alors que le sud du Chili pleurt ses victimes, le nord de l’Argentine crie de rage le viol, la torture et la mort de cette adolescente empalée. 

En quelques clics on se rappelle la violence, les agressions, le harcèlement, les viols, la discrimination. En quelques clics la dure réalité frappe de plein fouet: en 2016 le machisme tue !

Octobre. Mois d’espoir, de rage et dégoût pour l’Amérique latine. Dans une société où la femme meurt pour être femme, où l’on croit encore qu’un sexe peut être faible, où l’on refuse à une femme de prendre sa retraite car elle a un enfant mineur, où l’on refuse d’embaucher une femme car elle est susceptible de tomber enceinte, où l’on interdit aux femmes de disposer librement de leur corps, où le port d’une jupe veut dire « oui » lorsque la bouche hurle « NON ! », dans cette société les femmes disent « ¡ basta ya ! »

Grâce aux réseaux sociaux une mobilisation internationale s’organise. Le 19 octobre le noir habillera les centres villes et, ensemble, nous marcherons en souvenir des victimes de féminicides. 

Pâtissière ambulante, j’ai cuisiné tout l’après-midi pour rejoindre le cortège les mains pleines de chocolat. Arrivée sur place des centaines de femmes, d’hommes et d’enfants sont là, réunis pour la même cause. Sur la scène une femme témoigne: battue par son mari elle a porté plainte. La solution qu’on lui propose: déménager avec ses enfants loin de ce père violent… Musique, danse, poésie essaient d’égayer le coucher de soleil mais les témoignages se succèdent… Violée il y a deux ans par son grand-père, on lui a demandé ce qu’elle portait ce jour-là…

A quelques centimètres de moi deux jeunes femmes se lancent dans une performance artistique: vêtements déchirés, baignées de sang, bâillonnées elles pleurent la violence conjugale.

Face à tant d’émotion mes moelleux prennent le poids du ridicule. Je m’en vais les abandonner dans la voiture. En chemin un couple. Une maman porte le bébé. L’autre, une affiche: « le féminisme c’est aussi expliquer que l’amour n’a pas de genre ». 

L’événement se termine sur un concert de rock local parce qu’après tout, octobre est aussi un mois de bonheur pour les femmes d’ici et d’ailleurs. 

(Photos de NI Loaiza) 

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4 réflexions sur “#Niunamenos 

  1. Je suis sans voix. Tu lèves le voile sur une actualité que j’ignorais… Mea culpa, je ne m’informe pas assez sur ce qui se passe dans le monde, j’ai toujours le sentiment de ne rien y comprendre mais c’est surtout que souvent l’intolérance et la barbarie dépasse ma compréhension.

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  2. Je n’ai pas de mots, je ne sais jamais quoi dire dans ce genre de cas. Bien sûr je suis révoltée et choquée et tout ça, mais je ne sais plus comment le comprendre et réagir !

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  3. Pingback: Apprendre à dire au revoir: lettre à un « chez moi  chilien | «– Voyages d'une plume –

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