Je suis

JE SUIS …

Vendredi 13 novembre 2015, France. Pendant que certains se font tuer à Paris, moi je bois quelques verres de rouge en écoutant du flamenco, chez moi, au chaud, dans une bulle d’amour et de rires.

Après les attentats de Paris je n’ai senti ni la force ni le besoin d’écrire.

Après les attentats de Paris je me suis beaucoup questionné sur ce filtre Facebook aux couleurs de la France, sur ce monde dans lequel la violence est devenue un moyen de communication comme un autre, sur la loi du Talion critiquée lorsque certains l’appliquent, applaudie lorsque ce sont les avions militaires français qui la font respecter, sur ces files d’attentes devant les centres de don du sang, sur la valeur d’une vie : celle d’un martyr, d’un Français, d’une victime de terrorisme, d’un chien, d’un policier,  d’un Syrien,  d’un croyant, d’un athée,  d’un fan de death metal …

Après les attentats de Paris, j’étais moi, Céline.

Mardi 5 janvier 2016, Nigéria …
Jeudi 7 janvier 2016, Libye …
Lundi 11 janvier 2016, Irak …
Mardi 12 janvier 2016, Turquie …
Jeudi 14 janvier 2016, Indonésie …
Vendredi 15 janvier 2016, Burkina Faso …
Dimanche 17 janvier 2016, Pakistan …
Mercredi 20 janvier 2016, j’ai besoin d’écrire.

Aujourd’hui JE SUIS

Aujourd’hui, mercredi 20 janvier 2016, je ne suis plus Céline. Aujourd’hui, 20 janvier 2016, JE SUIS cette indignation face à la hiérarchie des passeports. JE SUIS ces larmes qui refroidissent mon cœur face à la cruauté de l’Homme contre l’Humanité. JE SUIS cette colère contre ceux qui pensent qu’un enfant qui ne mange pas de porc à la cantine s’oriente vers le terrorisme. JE SUIS cette rage qui m’envahit lorsque je reste assise devant mon ordinateur pour écrire alors qu’à 800 km de chez moi des gens meurent dans le froid, dans l’espoir de voir si l’herbe est plus verte en Angleterre. JE SUIS cette envie de balancer ma télé par la fenêtre lorsque dans le 13 h les reportages sur les colliers de coquillettes durent plus longtemps que ceux sur les  conditions de travail d’enfants en Asie. JE SUIS ces yeux qui lisent le Coran pour comprendre, pour savoir. JE SUIS ce souvenir d’étudiante qui ne comprend pas pourquoi l’attaque d’une université au Pakistan ne fait pas autant de bruit que celle d’un journal en France. JE SUIS ce désespoir qui noirci mes réveils lorsque chaque matin j’apprends la mort de dizaines de personnes, victimes de la folie religieuse. JE SUIS ce passeport qui me permet d’aller où je veux, quand je veux, comme je veux sans jamais risquer ma vie alors que d’autres meurent pour survivre.  JE SUIS ce dégoût face à notre égoïsme constant : est-ce vraiment important de savoir si tel ou tel politicien va se présenter aux élections de 2017 alors que nous sommes en train de bombarder la Syrie ?
JE SUIS
JE SUIS
JE SUIS ce cri qui explose en moi et qui envoie valser ce monde de haine, d’indifférence, de guerres et d’ignorance.

Aujourd’hui, mercredi 20 janvier 2016, JE SUIS cet espoir de voir notre monde changer. JE SUIS cette envie de voir l’Homme devenir Humain. JE SUIS cette foi en l’Humanité. JE SUIS prête à parler, expliquer, enseigner, débattre pour qu’enfin la raison anéantisse l’ignorance.
Aujourd’hui, mercredi 20 janvier 2016, JE SUIS.

Je suis

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