Avortement en Amérique Latine: législation par pays

«Actuellement, celles qui se trouvent dans cette situation de détresse [grossesse non désirée], qui s’en préoccupe ? La loi les rejette non seulement dans l’opprobre, la honte et la solitude, mais aussi dans l’anonymat et l’angoisse des poursuites. Contraintes de cacher leur état, trop souvent elles ne trouvent personne pour les écouter, les éclairer et leur apporter un appui et une protection.»
(Simone Veil) 

Mes derniers mois au Chili ont été quelque peu mouvementé niveau sexualité : un amoureux, des capotes qui craquent à tout va, des pilules du lendemain et cette angoisse permanente du « et si je tombais enceinte ?! Moi, celle qui ne veut pas d’enfants, celle qui veut voyager, celle qui veut rejoindre l’Alaska en stop »

Je ne suis pas la seule a avoir sentie cette boule au ventre en attendant de sentir le sang couler. Elle, de passage au Chili en couple depuis plusieurs mois, Elle, expatriée en Argentine… Nos conversations aboutissaient toujours à la même conclusion : « si je tombe enceinte, je file en Uruguay ». L’Uruguay, le seul pays d’Amérique du Sud à autoriser l’avortement. Mais pourquoi n’avons-nous jamais pensé à la Guyane Française, pourquoi n’avons-nous jamais vraiment réfléchi aux lois de nos pays respectifs ?
Peut-être, parce qu’au fond de , avions l’intime conviction de nous retrouver face à un mur législatif … Et puis, en quatre années d’expatriation chilienne j’ai entendu les larmes de jeunes filles, de jeunes mères ayant avorté dans un pays où tout type d’IVG était interdite. Jusque là j’avais pu me protéger de mon empathie dévorante. Oui, mon cœur avait pu résister au partage de douleur jusqu’à ce qu’un soir Il rentre à la maison et me dise :

« Tu te souviens d’Elle ? Elle a acheté du misoprostrol sur internet pour avorter. Apparemment l’embryon est mort mais Elle ne l’a pas expulsé. Elle a passé deux mois avec un embryon mort dans son utérus car aucun médecin n’a voulu l’aider par peur d’être accusé d’avortement. »

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Demain je pars

“Le voyage, comme l’amour, représente une tentative pour transformer un rêve en réalité.”
(Alain de Botton)

Demain je pars.
Demain je m’envole pour un rêve.
Demain je dirai « à demain », encore une fois.
Demain les tambours qui secoueront mon coeur feront trembler mes larmes sèches.
Demain je pars.
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De Yurimaguas à Iquitos : trois jours sur l’Amazone par J.

Ca y est, ça bouge ! Après trois fausses alertes et plusieurs heures d’attente dans la moiteur assommante des chaudes heures amazoniennes, nous partons.

Sans relâche, des hommes ont défilé sur la planche de bois qui reliait la terre ferme au bateau qui nous emmène désormais à Iquitos. Un drap sur la tête, le dos courbé sous le poids des sacs de marchandises, ces forçats du fleuve ont déchargé des centaines de camions pour remplir les soutes de l’embarcation qui approvisionnera la plus grande ville isolée du monde en denrées précieuses : le quotidien du petit port de Yurimaguas situé sur le rio Huallaga, et pour nous, un rêve qui se réalise. L’Amazonie est là qui nous ouvre les bras de sa foisonnante verdure. Lire la suite