Un nouveau visa pour une nouvelle vie

C’est à peine croyable ! Alors que je m’apprêtais à commencer ce mail par un sempiternel « dehors, printemps comme hiver, il pleut », le soleil décide de m’arroser de quelques rayons de lumière ! Alors que mon corps me supplie d’aller faire un plein de vitamines D au bord du Pacifique, je résiste et je me prépare un café instantanément  insipide pour vous raconter quelques nouvelles aventures.
Le vent du nord me rapporte déjà les soupirs, les étonnements et les sourires moqueurs que vos lèvres essaieront de retenir lorsque vous apprendrez que … je quitte le Chili !

Lorsqu’en avril j’ai décidé de revenir à Puerto Montt … lorsqu’en juin j’ai décidé de me marier … lorsqu’en juillet je vous ai annoncé que cette fois c’était la bonne, que cette fois mes valises prendraient racines, j’étais sincère. Je pensais vraiment être capable de m’installer plus de deux ans dans la même ville, de me construire une petite routine bien sympathique, d’accepter les conditions de travail moyenâgeuses du Chili mais, non. Je pense qu’il va falloir que je m’y fasse une raison : j’ai l’âme voyageuse et je suis incapable de satisfaire ma curiosité.

Bien sûr j’ai des excuses à tout ça : ici le salaire minimum te fait gagner 1,5€ de l’heure … ici on incite les bonnes femmes à faire des marmots en prenant en charge leur grossesse et en leur offrant landau et poussette … ici le gouvernement te donne un chèque pour te féliciter d’être resté marié 50 ans à la même personne … ici les caisses de l’Etat servent à offrir la tenue de baptême de ton septième enfant … ici l’avortement est interdit … ici le congé maternel est obligatoire et dure 2 ans … ici l’éducation coûte un bras, un rein et un oeil (par année d’étude, bien entendu !) … ici mes idéaux n’ont pas leur place …
Bien sûr les arguments pour rester ne manquent pas : ici, en cuisinant des moelleux au chocolat je gagne le salaire minimum mensuel en ne bossant que 4 heures par jour … ici je ne me lasse pas de voir le rose des Andes et le gris de l’océan … ici je m’émerveille à chaque fois qu’une nageoire de dauphin frôle le large … ici je découvre mes capacités à vivre dans des conditions que je n’aurais jamais pu imaginer … ici j’ai le droit à un concert de cumbia tous les mardis soirs … ici j’ai une carte d’identité chilienne … ici j’ai ma vie …

Malgré mes papiers en règle (enfin !), malgré mes amis, malgré mon rythme de vie plutôt paisible, malgré mon mari-coloc, je vais tout quitter pour un nouveau boulot, pour un pays qui n’était pas dans le top 50 de mes destinations de rêve, pour un continent loin de ma réalité, pour Sambava, au Nord-Est de Madagascar.
Je pars pour au moins un an. Je pars pour y faire de la culture. Je pars pour y rejoindre une pote. J’y pars parce que je ne connais rien de cette île africaine. J’y pars car je ne me suis jamais baignée dans l’océan Indien. Je pars pour y recevoir un salaire malgache.
Comme à chacun de mes voyages, mes portes resteront grandes ouvertes pour tous les esprits baroudeurs. Comme à chacun de mes voyages je ne sais pas ce qui m’attend à l’autre bout du même monde. Comme à chacun de mes voyages je repasse par la France pour refaire mon plein de souvenirs.

Je vous embrasse tous et j’espère, que vous allez bien, où que vous soyez.

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